mercredi 17 janvier 2018

au Cinéma "Le Castillet" à Perpignan


"Sensible et beau, le film de Terry George apparaît alors comme nécessaire et important puisqu'il parvient à évoquer ce drame sans sembler partial ou moralisateur. Une réussite certaine ! " Wyzman.

Hier, 16 janvier 2018, au cinéma Le Castillet, à Perpignan, devant une audience restreinte (une cinquantaine de personnes dans la salle), le film The Promise nous a emporté dans l'histoire tourmentée des Arméniens, victimes de la barbarie ottomane dans les années 1915 ..., toile de fond de ce film superbe !

Il n'y a aucune ligne à retrancher, de l'analyse de Wyzman que j'avais postée le 12 janvier  en préambule à la projection du film. 

Trop peu nombreux, comme c'est dommage, les spectateurs bouleversés ont communément reconnu la beauté et la force de ce film, tout en regrettant qu'il ne reste pas à l'affiche plus d'un soir ... On peut lire sur l'écran, à la fin du film, le poème de William Saroyan qui traduit si bien, la résistance arménienne :

  "Je voudrais savoir quelle force au monde
  peut détruire cette race, 
   cette petite tribu de gens sans importance dont l'histoire 
   est terminée, dont les guerres ont été perdues, dont les   
   structures se sont écroulées, dont la littérature n'est plus lue,    
    la musique n'est pas écoutée, et dont les prières ne sont            
                                              pas exaucées.                                                                                       
    Allez-y, détruisez l'Arménie ! Voyez si vous pouvez le faire.       
    Envoyez-les dans le désert. Laissez-les sans pain ni eau.              
    Brûlez leurs maisons et leurs églises. Voyez alors s'ils ne             
    riront pas de nouveau, voyez s'ils ne chanteront ni ne                  
    prieront de nouveau. Car il suffirait que deux d'entre eux se     
    rencontrent, n'importe où dans le monde pour qu'ils                 
     créent une nouvelle Arménie. " 
    (Mon nom est Aram) William Saroyan  

Les arméniens sont encore si peu connus et reconnus, d'une manière quasi générale, hormis peut-être dans certaines villes où les communautés sont bien représentées, que tout ce qui peut les concerner, tant dans les domaines culturel que  politique passe à la trappe ;  quel média, en France, signale les grandes réussites arméniennes artistiques, sportives ou autres, la guerre de l'Artsakh qui occasionne des blessés et des morts chaque jour ? .... On relate pourtant le moindre bobo de certaines communautés dans des émissions télévisées, sur les ondes radiophoniques....

Un grand merci aux fourmis laborieuses, Sona, Christina, qui ont garni de leurs délicieuses pâtisseries arméniennes le buffet prévu pour "le pot de l'amitié".
Merci à Sergueï de son aide, pour le transport à bout de bras jusqu'au cinéma, des lourds cabas remplis de boissons !


                      Avant de se quitter, après "le pot de l'amitié", 
                   quelques amis de notre association 
               pour une photo souvenir.

vendredi 12 janvier 2018

THE PROMISE - Commentaire par Wyzman


En 1914, la Grande Guerre menace d'éclater tandis que s'effondre l'Empire ottoman. A Constantinople, Mikael, un jeune étudiant arménien en médecine et Chris, photoreporter américain, se disputent les faveurs de la belle Ana. Tandis que l'Empire s'en prend violemment aux minorités ethniques sur son territoire, ils doivent unir leurs forces pour tenir une seule promesse : survivre et témoigner. 

Drame historique certes, La Promesse est avant tout un mélodrame dans lequel trois personnages sont amenés à se croiser à plusieurs reprises, cherchant parfois à s'éviter mais en vain. Ironiquement, le film de Terry George débute alors que Mikael (Oscar Isaac) accepte d'épouser Maral (Angela Sarafyan), lui faisant la promesse de revenir après avoir accepté la dote de son père qui va lui permettre d'aller faire ses études de médecine. Mais comme on peut s'en douter, c'est bien sa rencontre avec Ana (Charlotte Le Bon) qui va bouleverser sa vie. 

Belle, réfléchie et extravertie, Ana lui fait découvrir un nouveau monde, plus occidental, plus libre, dans lequel il s'imagine construire quelque chose - à ses côtés. Malheureusement, la présence de Chris (Christian Bale) dans la vie d'Ana demeure un frein. Faits pour être ensemble sur le papier, ces deux personnages ne prennent véritablement d'ampleur qu'en présence de Mikael. Et inversement, Mikael semble moins dense et complexe quand il est loin d'eux deux. 

Cependant, la Grande guerre qui se trame et l'extermination des Arméniens de Constantinople vient perturber la lutte que les deux hommes s'apprêtaient à livrer pour remporter le cœur de la belle. Deux éléments qui vont apporter leur lot de drame, tensions et séquences musclées. Et c'est au niveau de ce grand jeu d'équilibriste que Terry George brille ici. 

Romance et bromance 

Si certains événements du génocide arménien ont été stylisés (et parfois surécrits) pour modifier la dynamique du film, La Promesse impressionne par la finesse du jeu de ses acteurs. Loin d'être le personnage auquel on tient au premier abord, Christian Bale parvient à faire de Chris, le photoreporter, non pas un héros de guerre mais un homme brave et inspirant. A côté, Charlotte Le Bon réussit l'exploit de ne pas simplement incarner l'objet des désirs de deux hommes mais bien une héroïne moderne, courageuse. 

Quant à Oscar Isaac, véritable star du film, il offre à ce dernier des séquences terrifiantes et des plans qui confirment son statut de grand acteur. On pense notamment au passage où son personnage retrouve le corps de ses proches assassinés et où la caméra de Terry George ne parvient pas à distancier une douleur contagieuse. Amis et ennemis à la fois, Mikael et Chris forment un magnifique duo que l'on aimerait bien revoir dans un autre projet. Le talent des deux acteurs est indéniable et La Promesse laisse apparaître une alchimie presque évidente. 

Parce que le film est principalement centré sur la romance entre Mikael et Ana, la dernière séquence laisse songeur. Lançant un pavé dans la mare, La Promesse suggère que face à l'horreur de la guerre et des génocides, seuls l'amour et la compassion pourraient aider les populations traquées. Certains plans et décors feront sans doute tiquer les esthètes parmi nous mais l'ensemble se tient car le message de La Promesse prévaut sur ses qualités techniques. 

Entre grands moments de bravoure et de romance, La Promesse revient ainsi sur un épisode de l'histoire ottomane que l'on a aujourd'hui encore trop tendance à vouloir ignorer. Sensible et beau, le film de Terry George apparaît alors comme nécessaire et important puisqu'il parvient à évoquer ce drame sans sembler partial ou moralisateur. Une réussite certaine ! 

wyzman

jeudi 11 janvier 2018

Hommage à KIRK KERKORIAN

6 juin 1917 - 16 juin 2015

KIRK KERKORIAN naît à Fresno, en Californie, le 6 juin 1917, de parents immigrants arméniens. Entre une mère au foyer et un père marchand de fruits, il connaît une enfance balloté, où déménager est la règle : "au moins vingt fois, car souvent, faute de pouvoir payer le loyer on était expulsés", dire-t-il plus tard. 

Il abandonne ses études pour aider sa famille en difficulté ; de petits boulots, en expériences diverses mais intenses, étape par étape, ses choix lui assureront finalement une fortune immense.

- Il est Boxeur avec 29 victoires sur 33 combats ;
- nanti d'une licence il devient pilote durant la seconde guerre mondiale ;
- puis se tournant vers des options de grande envergure, notamment dans le monde du cinéma : il sera propriétaire de la Metro-Goldwyn-Mayer en 1969, dix ans plus tard de MGM puis de Columbia Pictures qu'il revend en 1981 - puis d' Orion Pictures, The Samuel Goldwyn Company et Motion Picture Corporation of America. 
 (période durant laquelle il rêvait déjà de produire un long-métrage sur le génocide des Arméniens, mais en vain,  en raison de fortes pressions turques et pro-turques).
- Il s'intéresse à l'immobilier, un temps où il  possédera la moitié de Las Vegas, sortira du désert les trois plus grands hôtels du monde à leur époque (l’hôtel International en 1969, le MGM Grand Hôtel en 1973 et le MGM Grand en 1993). 

Une vie de hauts et de bas à faire chavirer Hollywood - dira-t-on à son propos - où il est question d’argent, de pouvoir, de mafia, d’ascension, de chute, de poker, de bluff. Cette histoire, c’est la vie de Kirk Kerkorian, qui s’est achevée après avoir frôlé le siècle (98 ans), le 16 juin 2015, à Berverly Hills (Los Angeles).

C'était un homme silencieux, qui se tenait à l'écart des lumières factices d'un monde superficiel qui pourtant le respectait. 
Toujours habité par le triste destin du peuple arménien, il n'aura de cesse d'apporter son aide par des dons qui se chiffrent en millions de dollars à l'Arménie, contribuant ainsi largement à son redressement.


Le film "The Promise"

Peu avant son décès, Kirk Kerkorian prévoit les fonds nécessaires afin que le film, qui constituait pour lui une sorte de testament, atteigne les standards de qualité les plus élevés. Un film qu'il ne verra pas.

Selon George Winter, co-producteur du film, le tournage de ce long-métrage ne fut pas une mince affaire. Consacré au génocide des Arméniens de l'empire ottoman, lors de la première guerre mondiale, ce film dont la scénarisation a duré pendant cinquante ans (depuis 1960) a demandé près de deux ans de tournage.

   - C'est à l'acteur guatémaltèque Oscar Isaac qu'a été confié le premier rôle : celui d'un jeune Arménien complétant des études en médecine à Constantinople (aujourd'hui Istanbul).
- L'acteur australien Christian Bale y incarne un globe-trotter alcoolique, correspondant pour l'American press. Basé dans la région, le journaliste enquête sur le génocide, dont il découvre peu à peu l'ampleur. 
- la Montréalaise Charlotte Le Bon complète le principal trio d'acteurs. 

Le réalisateur et co-scénariste Terry George a interpellé ceux-ci au plan personnel et intime. Ces acteurs ont fait leurs propres recherches afin de mieux comprendre les personnages et l'intrigue du film.
"Lorsque le film sera projeté en salle, ils deviendront le visage et l'incarnation même de ce film" ajoute Winter.

L’œuvre est clairement militante. Elle résulte de la volonté de Kirk Kerkorian, qui voulait porter à l’écran le génocide des Arméniens à la manière d’une grande fresque historique. Il a intégralement financé “The Promise” qui, avec un budget de plus 100 millions de dollars, est l’un des films indépendants les plus chers de l’histoire d’Hollywood.

Dés sa sortie, le film a fait l'objet d'une forte opposition du lobby turc, au point d'en perturber les programmations en France et à l'étranger.

Voir : http://www.france24.com/fr/20161025-film-genocide-armenien-the-promise-imdb-faux-avis-turquie-cinema-hollywood




lundi 1 janvier 2018

PROJECTION DU FILM THE PROMISE A PERPIGNAN


Suite à notre demande, le Cinéma "Le Castillet" à Perpignan a programmé la projection du film THE PROMISE à l'intention de la communauté arménienne et non-arménienne de la ville.

Projection qui aura lieu le MARDI 16 JANVIER 2018 à 19 h.

Le prix d'entrée est fixé à 6 €

L'Association offrira un pot de l'amitié après la projection,  donnant ainsi l'occasion, à ceux qui le souhaiteraient, d'échanger remarques, commentaires, ou questionnements.

MERCI DE PARTAGER CETTE INFORMATION A TOUS VOS PROCHES.

mercredi 6 septembre 2017

THE PROMISE (film)

Guerre en approche 

En 1914, la Grande Guerre menace d'éclater tandis que s'effondre l'Empire ottoman. A Constantinople, Mikael, un jeune étudiant arménien en médecine et Chris, photoreporter américain, se disputent les faveurs de la belle Ana. Tandis que l'Empire s'en prend violemment aux minorités ethniques sur son territoire, ils doivent unir leurs forces pour tenir une seule promesse : survivre et témoigner. 

Drame historique certes, La Promesse est avant tout un mélodrame dans lequel trois personnages sont amenés à se croiser à plusieurs reprises, cherchant parfois à s'éviter mais en vain. Ironiquement, le film de Terry George débute alors que Mikael (Oscar Isaac) accepte d'épouser Maral (Angela Sarafyan), lui faisant la promesse de revenir après avoir accepté la dote de son père qui va lui permettre d'aller faire ses études de médecine. Mais comme on peut s'en douter, c'est bien sa rencontre avec Ana (Charlotte Le Bon) qui va bouleverser sa vie. 

Belle, réfléchie et extravertie, Ana lui fait découvrir un nouveau monde, plus occidental, plus libre, dans lequel il s'imagine construire quelque chose - à ses côtés. Malheureusement, la présence de Chris (Christian Bale) dans la vie d'Ana demeure un frein. Faits pour être ensemble sur le papier, ces deux personnages ne prennent véritablement d'ampleur qu'en présence de Mikael. Et inversement, Mikael semble moins dense et complexe quand il est loin d'eux deux. 

Cependant, la Grande guerre qui se trame et l'extermination des Arméniens de Constantinople vient perturber la lutte que les deux hommes s'apprêtaient à livrer pour remporter le cœur de la belle. Deux éléments qui vont apporter leur lot de drame, tensions et séquences musclées. Et c'est au niveau de ce grand jeu d'équilibriste que Terry George brille ici. 

Romance et bromance 

Si certains événements du génocide arménien ont été stylisés (et parfois surécrits) pour modifier la dynamique du film, La Promesse impressionne par la finesse du jeu de ses acteurs. Loin d'être le personnage auquel on tient au premier abord, Christian Bale parvient à faire de Chris, le photoreporter, non pas un héros de guerre mais un homme brave et inspirant. A côté, Charlotte Le Bon réussit l'exploit de ne pas simplement incarner l'objet des désirs de deux hommes mais bien une héroïne moderne, courageuse. 

Quant à Oscar Isaac, véritable star du film, il offre à ce dernier des séquences terrifiantes et des plans qui confirment son statut de grand acteur. On pense notamment au passage où son personnage retrouve le corps de ses proches assassinés et où la caméra de Terry George ne parvient pas à distancier une douleur contagieuse. Amis et ennemis à la fois, Mikael et Chris forment un magnifique duo que l'on aimerait bien revoir dans un autre projet. Le talent des deux acteurs est indéniable et La Promesse laisse apparaître une alchimie presque évidente. 

Parce que le film est principalement centré sur la romance entre Mikael et Ana, la dernière séquence laisse songeur. Lançant un pavé dans la mare, La Promesse suggère que face à l'horreur de la guerre et des génocides, seuls l'amour et la compassion pourraient aider les populations traquées. Certains plans et décors feront sans doute tiquer les esthètes parmi nous mais l'ensemble se tient car le message de La Promesse prévaut sur ses qualités techniques. 

Entre grands moments de bravoure et de romance, La Promesse revient ainsi sur un épisode de l'histoire ottomane que l'on a aujourd'hui encore trop tendance à vouloir ignorer. Sensible et beau, le film de Terry George apparaît alors comme nécessaire et important puisqu'il parvient à évoquer ce drame sans sembler partial ou moralisateur. Une réussite certaine ! 

wyzman
UNE TRES BONNE NOUVELLE POUR LES PERPIGNANAIS :

Réponse reçue de Jonathan Salas cinéma "Le Castillet" suite à mon mail concernant la projection du film "The Promise" :

"Bonjour Hélène,

Je ne peux pas vous dire à présent si je pourrais programmer le film à sa sortie. 
Ce que je peux vous confirmer en tout cas c'est qu'au minimum, nous pourrons faire une séance spéciale (ou ciné-débat) avec votre association.

Cordialement.

Salas Jonathan"
Direction cinéma Castillet
Bureau: 04 30 82 15 61
Portable: 06 01 19 57 82
1 boulevard Wilson 
66000 Perpignan
chers amis Je vous tiens informés bien évidemment

mardi 25 avril 2017

UNE PREMIERE A PERPIGNAN !

UNE PREMIERE A PERPIGNAN !
Commémoration du génocide des Arméniens
ce 24 avril 2017

  Une manifestation réalisée avec un vrai désir d'offrir ce moment d'émotion et de recueillement à la petite communauté des arméniens de Perpignan auxquels se sont joints des amis français qui ont tenu à nous témoigner leur attachement par leur présence.

Après une marche silencieuse, depuis la gare de Perpignan jusqu'à la place de Catalogne, Sarkis Simonjan, organisateur de l'événement, a rappelé les points essentiels de l'origine historique de l'événement ; puis Knar Sakalian a déclamé,  cri de douleur libérateur mais toujours véhément, un poème en langue arménienne dédié aux  1 500 000 martyrs victimes du génocide perpétré lors des années 1876 à 1915, et plus, par l'empire ottoman et que la Turquie actuelle se refuse à reconnaître comme tel ; enfin, Marina a chanté de sa belle voix une oeuvre religieuse a cappella ;  le vent léger qui soufflait n'a pas permis d'allumer les petites bougies alignées sur le sol : 1915 - cependant, chacun est reparti avec l'une d'elles qui luira ce soir, présence discrète mais ô combien nécessaire, sur une étagère du salon ...


 Simple et pleine de beauté, ce fut la première commémoration qui en appellera sans doute beaucoup d'autres. Les services d'ordre mis en place pour la circonstance nous ont accompagnés durant notre marche silencieuse - là aussi, présence discrète et rassurante - qui s'est terminée sur la place où s'est déroulée la cérémonie de commémoration.









L'INDÉPENDANT - Mardi 25 avril 2017 - N•115

*****
http://www.tvsud.fr/open_article/commemoration-genocide-armenien-a-perpignan/JT_ITW_GENOCIDE_ARMENIEN_250417

Merci à Sud Radio pour son reportage qui donne une visibilité à notre communauté à travers la prise en compte de la commémoration du génocide des arméniens à Perpignan - événement d'importance pour nous, organisé à l'initiative de Sarkis Simonjan, organisateur ponctuel ; à souligner aussi, la réalisation des affiches, drapeaux, banderoles, créés dans l'urgence par les hays imaginatifs et compétents de notre petite communauté ! Nous sommes fiers de vous !!


dimanche 26 mars 2017

Un Khatchkar à Perpignan !



Un Khatchkar à Perpignan  !

En sommeil depuis ces dernières années, hormis des interventions ponctuelles liées à des occasions telles la sortie du film de Robert Guédiguian "Une histoire de fou" au cinéma "Le Castillet", et pour répondre au vif souhait de la communauté arménienne de Perpignan, qui s'est enrichie en nombre,  souhait qui s'est exprimée par la voix d'un de ses fervents membres, Karen Karapetyan, l'Association a entrepris des démarches auprès de la Mairie de Perpignan, afin de solliciter d'une part, un emplacement pour édifier un khatchkar,  et, d'autre part, l'octroi d'un lieu de vie  permettant la mise en oeuvre des projets en attente, tels que l'enseignement de notre langue, cours de cuisine, rencontres ...

Répondant à nos demandes, les représentants de la Mairie de Perpignan,  Madame Suzy-Simon-Nicaise, adjointe au Maire déléguée pour le Khatchkar, et madame Chantal Gombert, Adjointe au Maire, pour la salle de réunion, viennent de nous fixer rendez-vous pour la mise en oeuvre de ces projets.

 L'Association Arménienne des Deux-Catalognes remercie Sarkis Simonjan qui apporte son aide pour la réalisation de ces projets. 


dimanche 8 novembre 2015

Article "Une histoire de fou" - par CHRISTOPHE KANTCHEFF



"UNE HISTOIRE DE FOU" - Drame - film de Robert Guédiguian

REMARQUABLE analyse de Christophe Kantcheff  (Politis)
source : "La Gazette - Cinéma Castillet" n° 159

Qu'est-ce que l'Arménie de Robert Guédiguian ? Précisons la question : l'Arménie non pas vue par le cinéaste - ce qui était l'objet d'un précédent film, le Voyage en Arménie (2006). Mais l'Arménie qu'il porte en lui, sa part arménienne intime - celle qui le fait héritier d'un "peuple génocidé", rappelle-t-il toujours, tandis que par sa mère allemande, il est lié à une nation génocidaire. Une histoire de fou apporte une double réponse à cette question. La première tient tout simplement dans l'existence même de ce film : son arménité est source de création. Pendant longtemps, Robert Guédiguian ignorait (ou feignait d'ignorer) celle-ci, qui par conséquent ne transparaissait pas dans son cinéma. Aujourd'hui, c'est le deuxième film qu'il signe en s'appuyant sur cette identité. La seconde réponse porte précisément sur la manière de vivre son arménité, de la revendiquer. Au vu de l'oeuvre du cinéaste, on ne sera pas étonné qu'Une histoire de fou en propose une vision ouverte. Et cette vision ne pouvait pas être plus claire qu'exposée à partir de circonstances critiques (...).
En réalité, c'est ce qui se joue à Marseille, entre la mère d'Aram, Anouch (Ariane Ascaride), et Gilles qui donne à Une histoire de fou une dimension exceptionnelle. Anouch est persuadée qu'elle doit aller vers le jeune homme que son fils a rendu impotent, amer et malheureux de vivre. Mais ce qui est admirable chez cette mère, c'est que son acte, qui n'avait au départ qu'une seule motivation - sauver son fils - va s'élargir. Face à Gilles, Anouch dépasse toutes les logiques d'appartenance première, primaire. La mère, dans le cinéma de Robert Guédiguian, a toujours été une figure essentielle. Mais elle prend ici un tour inédit, renvoyant à la fois à l'image de la mère maternelle, à celle de la "bonne mère", c'est-à-dire une mère qui se partage, et à celle de la mère patrie. Au-delà de son fils et d'elle-même, grâce à l'amour dont elle est capable, Anouch entraîne Gilles hors de son malheur. Elle le fait ainsi cheminer vers la cause arménienne qui lui vaut pourtant d'être handicapé, pour en devenir le "meilleur ambassadeur", comme le lui dira plus tard Aram. Ensemble, Anouch et Gilles sortent d'eux-mêmes, se libèrent de leurs égoïsmes. Voilà l'Arménie que porte Robert Guédiguian : à vocation universelle, elle s'oppose aux communautarismes. Quant au duo que forment Ariane Ascaride et Grégoire Leprince-Ringuet, dont les personnages oscillent entre douleur et complicité, il est absolument déchirant.

*****

jeudi 15 octobre 2015

"Une histoire de fou" - Robert Guédiguian - A VOIR ABSOLUMENT

Robert Guédiguian - Dzovinar Melkonian


**Berlin 1921, Talaat Pacha, principal responsable du génocide Arménien est exécuté dans la rue par Soghomon Thélirian dont la famille a été entièrement exterminée. Lors de son procès, il témoigne du premier génocide du 20ème siècle tant et si bien que le jury populaire l’acquitte. Soixante ans plus tard, Aram, jeune marseillais d’origine arménienne, fait sauter à Paris la voiture de l’ambassadeur de Turquie. Un jeune cycliste qui passait là par hasard, Gilles Tessier, est gravement blessé. Aram, en fuite, rejoint l’armée de libération de l’Arménie (ASALA) à Beyrouth, foyer de la révolution internationale dans les années 80. Avec ses camarades, jeunes arméniens du monde entier, il pense qu’il faut recourir à la lutte armée pour que le génocide soit reconnu et que la terre de leurs grands-parents leur soit rendue. Gilles, qui a perdu l’usage de ses jambes dans l’attentat, voit sa vie brisée. Il ne savait même pas que l’Arménie existait lorsqu’Anouch, la mère d’Aram, fait irruption dans sa chambre d’hôpital : elle vient demander pardon au nom du peuple arménien et lui avoue que c’est son propre fils qui a posé la bombe. Pendant que Gilles cherche à comprendre à Paris, Anouch devient folle de douleur à Marseille et Aram entre en dissidence à Beyrouth… jusqu’au jour où il accepte de rencontrer sa victime pour en faire son porte parole.

Durée : 02:14
Genre : Comédie dramatique, Drame 
Réalisé par : Robert Guédiguian
Acteurs : Syrus Shahidi, Simon Abkarian, Ariane Ascaride, Grégoire Leprince-Ringuet, Serge Avédikian**

Sollicitée par le cinéma "Castillet" à Perpignan, à la faveur de la projection en avant-première du film de Robert Guédiguian, afin de participer à cette rencontre, la petite Association Arménienne des Deux-Catalognes était là, ainsi que les membres d'une communauté qui s'étoffe au fil des jours.
Le public fidèle des projections à thème que programme régulièrement le cinéma aura pu, du même coup, découvrir cette communauté encore timide dans ses manifestations, ainsi que les saveurs arméniennes d'un "pot convivial" offert par l'association, en clôture des débats qui ont suivi la projection.

Un film dont la construction qui se situe entre faits réels et fiction, conduit le spectateur non initié, à la découverte du génocide sanglant dont le peuple arménien a été victime dans l'empire ottoman, et dont l'apogée se situe au cours de l'année 1915.
 Sans pathos superflu, avec la précision d'orfèvre d'une trame subtile et efficace, le choix d'acteurs talentueux et crédibles, Robert Guédiguian réussit le pari d'interpeller le spectateur sans saturation inutile, avec un film captivant, chargé d'émotion.  
Les débats qui ont suivi ont montré l'intérêt suscité par ce film, qui apparaît en fin de compte, ainsi que le soulignera un spectateur, comme un hymne d'espoir envers l'humanité.

Merci Robert pour ces instants de partage et d'émotion.

  


Merci à nos fourmis talentueuses, Knar Sakalian, Nelli et Hamlet Ghazaryan, Sona Khatchatrian, nouvelle venue dans l'association à qui nous devons aussi l'arrivée de trois autres "fourmis" - qui ont élaboré un buffet de qualité, qui fera date dans les annales des projections à thème du cinéma Castillet, à Perpignan ! Le vin d'Areni, y contribuera aussi !  

vendredi 17 janvier 2014

Pénalisation des génocides

CABINET-PM Courrier <premier-ministre@cab.pm.gouv.fr>
15 janv. (Il y a 2 jours)
à moi
Monsieur,

Votre courrier électronique du 12 janvier dernier est bien parvenu au Cabinet du Premier ministre.

Très attentif à la lutte contre toutes les formes de discrimination, Monsieur  Jean-Marc AYRAULT a pris connaissance avec intérêt de votre courrier et vous remercie pour cette contribution.

Il m’a chargé de vous assurer de l’engagement total du Gouvernement pour défendre les valeurs de notre République dont les droits de l’homme sont un pilier essentiel.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.


Le Cabinet du Premier ministre

-----Message d'origine-----
De : gouvernement@gouvernement.fr [mailto:gouvernement@gouvernement.fr] De la part de dzovinar.melkonian@gmail.com
Envoyé : dimanche 12 janvier 2014 13:37
À : CABINET-PM Courrier
Objet : [Exprimer une opinion] Pénalisation des génocides


Nom : Melkonian
Prénom : Dzovinar
E-mail : dzovinar.melkonian@gmail.com
Adresse postale : 6 rue Pierre Puiggary 66000 Perpignan France Titre du message : Pénalisation des génocides Objet du message : Exprimer une opinion


Monsieur le premier Ministre,

     Je me permets, en tant que membre de la communauté arménienne de France, d'attirer votre attention sur l'évidente discrimination qui s'est instaurée envers les génocides non juifs et en particulier celui subi par les Arméniens, dans l'espoir que vous prendrez en considération cette
requête,  compte tenu des événements récents liés à  l'affaire
Dieudonné.

      A ce sujet, Je reste admirative de la rapidité de décision qui a permis d'empêcher que des propos infamants ne prennent le pas sur le respect dû à la personne humaine ; un antécédent qui me donne bon espoir quant à l'avenir de ce courrier.

           Néanmoins, la communauté arménienne, pour sa part,  n'est pas à l'abri du négationnisme qui sévit en France à son égard. François Hollande,  Président de la République,  avait promis lors des dernières élections présidentielles qu'il  mettrait en vigueur une loi de pénalisation de la négation du génocide des Arméniens. Une république
démocratique ne saurait tolérer l'antisémitisme et,  dans le même temps,
laisser libre cours à  l'expression du négationnisme dont sont victimes les Arméniens, sur le sol français ; ce serait ignorer le devoir d'équité qu'impose  l'application des lois républicaines.

           C'est pourquoi, Monsieur le Premier Ministre,  je vous demande de bien vouloir étudier ma revendication et vous saurais gré d'en débattre avec les parlementaires afin d'apporter une réponse juste mettant fin  à une situation indigne d'un état de droit, révoltante pour la mémoire des victimes et le respect de leurs descendants.

           Dans l’attente de vous lire,  je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre,  l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Dzovinar Melkonian
Association arménienne des Deux-Catalognes Perpignan


                                                                                         *******

Une autre réponse :

 réponse du maire d'Alfortville :

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre récent courriel relatif à la lutte contre le
négationnisme du génocide arménien et tenais à vous en remercier.

« La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 ». Par
cette phrase, la loi du 29 janvier 2001 initiée par la Gauche est venue
consacrer la reconnaissance légale du génocide arménien en France.

Si elle créée une reconnaissance juridique, elle demeure toutefois
aujourd’hui dénuée de sanction. Il est donc impératif de protéger la
mémoire des victimes de tous les génocides - dont le génocide arménien -
des incitations à la haine qu’ils subissent à travers les messages
négationnistes, en sanctionnant les faussaires de l’Histoire.

Comme nous venons de le voir avec l’« affaire Dieudonné » - au sujet de la
liberté d’expression – nous n’acceptons pas de reconnaître la Shoah tout
en permettant à des négationnistes de diffuser librement dans l’espace
public leur message de haine.

Concernant le génocide arménien, il existe toujours un négationnisme actif
que nous devons combattre durement. Je rappelle souvent à titre d’exemple,
à ceux qui auraient la mémoire courte, la manifestation des « Loups gris »
en 2006, preuve d’un activisme négationniste toujours présent.

Dans ces conditions, dans le prolongement de la proposition de loi déposée
en 2006 à l’Assemblée nationale par les députés Socialistes, j’ai porté au
Sénat en janvier 2012, avec mon collègue Philippe KALTENBACH, la
proposition de loi « visant à sanctionner la contestation de l’existence
des génocides, et notamment du génocide arménien ». Elle a d’ailleurs été
définitivement adoptée par le Parlement le 23 janvier 2012.

Malheureusement, le 28 février 2012, le Conseil constitutionnel a censuré
cette loi. J’ai alors eu l’occasion d’exprimer publiquement mes vifs
regrets face à cette décision en rappelant également ma volonté de
poursuivre ce combat.

Comme vous le savez, le Président de la République s’est engagé durant la
campagne présidentielle de 2012 à déposer prochainement un nouveau projet
de loi pénalisant le négationnisme des génocides, qui sera accompagné de
toutes les sécurités juridiques nécessaires.

En 2015, nous commémorerons le centenaire du génocide arménien. C’est
pourquoi notre majorité aura à cœur d’y faire adopter cette nouvelle loi
comme un symbole politique fort.

Comme toujours, vous pourrez compter sur mon entière détermination lors
des débats parlementaires pour porter politiquement - avec force et
vigueur - ce texte nécessaire au respect de la mémoire des victimes et à
la lutte contre la haine.

Restant à votre écoute, je vous prie de croire, cher Monsieur, en
l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Luc CARVOUNAS
Sénateur du Val-de-Marne et Maire d'Alfortville


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